Les feux de la haine, par André Glucksmann
LE MONDE | 21.11.05 |
Brûler des véhicules vides est un délit. Enflammer des bus pleins, vider sous les passagers des bidons d'essence et craquer une allumette est un crime. Faut-il être philosophe pour distinguer les violences contre les choses et la terreur contre les personnes ? Un seuil a été franchi. Voici venue l'heure du nihilisme. Il prend au sérieux un slogan jusqu'alors fantaisiste : "Nique tout !"
Nos banlieues sont tout à fait françaises. Trop facile de stigmatiser l'étranger. Les incendiaires sont bien de chez nous. Ils sont citoyens d'un pays où soufflent des vents de haine (...)
Le dernier mot est à Diziz la Peste, le célèbre rappeur :
"Asperger d'essence un handicapé, c'est parce que t'as un malaise ou t'as pas de boulot ? Non, t'es qu'une merde, c'est tout !"
André Glucksmann est philosophe et écrivain. Son dernier ouvrage : Le discours de la haine (éd. Plon 2004)
Tags : glucksmann lemonde
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